Ce matin comme chaque samedi, j'écoute
sur France Inter, l'hommage à toutes les fourmis de labyrinthes invisibles,
souterrains ou exposés à la lumière du jour...
Méprisée bien souvent, détruite dès que l'homme l'estime envahissante elle
n'en est pas moins à mes yeux une petite merveille capable de se rendre du
point A au point B par le plus court des chemins possibles... la ligne
droite ! On admire souvent ce que l'on est pas capable de faire soi-même,
pas vrai ?

Pour qui a écouté et écoute une fois par semaine Jean-Claude Ameisen dans
l'émission"SUR LES EPAULES DE DARWIN" la dernière série de
reportages dédié aux fourmis est comme tous les thèmes abordées précédemment au
fil des mois, absolument fantastique ! On ne peut être que fasciné par
leurs capacités à résoudre chaque problème rencontré depuis la nuit des temps
et aujourd'hui encore, par leur résistance, leur effarant potentiel à toujours
solutionner une problématique grâce à leur plasticité comportementale, entre
autres ...car bien que l'on ait pu croire longtemps le contraire, l'exploration
du champ des possibles les modèle une à une... Ce sont vraiment bien des
entités, ayant une expérience propre, individuelle et modulable à
l'infini ! Tout l'inverse de ce que l'on pourrait croire à les observer
d'un air renfrogné quand elles osent se mettre en cohorte sur notre chemin,
n'est ce pas ?
Elles sont toujours là, et elles sont partout !
Elles ont été les premières à faire de l'élevage ou des cultures élaborées pour
répondre à leurs besoins, à opter bien souvent pour la vie symbiotique en
prenant soin d'autres espèces végétales ou animales, sont capables de parcourir
des distances inimaginables sans créer de bouchons ou de franchir des rivières
sans se noyer en utilisant certaines propriété de l'eau, se transmettent sans
erreurs une foultitude de renseignement utiles, peuvent échanger leurs rôles
lorsqu'elles elles ne sont plus au top de leur forme, certaines espèces sont
même capable de régénérer leurs neurones... ou de se reproduire par
parthénogenèse dans des milieux hostiles... Point de dégénérescence au
programme chez elles ! On ne peut pas en dire autant de notre espèce
apparue bien plus tard...
Alors, qui donc se trouve au sommet de l'évolution ? Parfois, j'ai
comme un doute car personnellement, je ne suis pas capable de faire le dixième
ce ce qu'elles réalisent !

Bref, j'aime tout les insectes, je les trouve beaux et merveilleux...
Et les fourmis sont parmi eux, celles qui me fascinent le plus !
Dans mon atelier boite d'allumettes, qui n'est bien sur pas étanche, chaque
jour apporte son contingent de visiteurs qui se retrouvent parfois
prisonniers...
La première chose que je fais donc en arrivant, c'est de les attraper un à un,
et de les ramener dehors à l'aide de petits accessoires que j'ai toujours à
portée de main !
Mais je me demande parfois s'ils ne font pas exprès de venir me rendre
visite, notamment un gros frelon qui adore se percher sur sommet des poils de
mon plus gros pinceau, car même lorsque la fenêtre est grande ouverte, je le
retrouve souvent là ! Lors de son dernier passage, j'ai voulu lui mettre
un petit point de couleur acrylique blanche sur le dos pour m''en assurer, mais
j'ai raté mon coup, zut, il s'est envolé !

Sinon, il y a bien sur comme chaque année, les fourmis qui vont et viennent
à leur guise et aussi, la petite colonie de guêpes forestières à pattes rouges
et leur joli nid alvéolaire circulaire, renouvelé chaque année à côté du
précédent. Je vous l'avais montré l'année dernière, et semaine après semaine la
construction du nid en cours, évolue... Il n'y a pas encore eu de ponte mais
cela ne saurait tarder, car les adultes ne sont que 6 actuellement et elles
auront besoin de main d’œuvre très, très bientôt !

Le conserver m'empêche -certes- d'ouvrir le volet de cette petite
fenêtre-là, mais comme cela me permet année après année de montrer aux gamins
de passage (et même aux adultes) l'activité qui y règne et leur montrer ainsi
la beauté de leur organisation, elles ne risquent rien de ma part...

Cette photo n'est pas très bonne mais on voit le nid abandonné de l'année
précédente, sur la gauche... j'imagine que c'est pour éviter de faire le ménage
et peut-être des infections qu'elles préfèrent en recommencer un neuf, à chaque
nouveau cycle !
Je ne les tuerai jamais...

