Documentaire de Leslie Franke et Herdolor
Lorenz (Allemagne / France, 2010 - 1h15) à 20h 40
A voir et suivre avec attention, cette enquête rigoureuse et engagée sur les
dérives de l'utilisation de l'or bleu à des fins commerciales.
Partout dans le monde, Veolia et Suez s'approprient la gestion de
l'eau.
En France, Veolia et Suez gèrent 80 % de l'approvisionnement en eau dans le
cadre de partenariats public-privé (PPP) qui voient les communes rester
propriétaires des infrastructures et déléguer l'exploitation aux entreprises
privées. Mais alors que ce modèle rencontre un indéniable succès à l'étranger,
de plus en plus de municipalités tentent de reprendre le contrôle de l'eau dans
l'Hexagone.
Ce film passionnant retrace, documents à l'appui, le processus qui a conduit
à l'abandon des régies publiques, encouragé par "le droit d'entrée" : une
pratique consistant, pour les opérateurs privés, à mettre à disposition des
communes une confortable somme d'argent afin de s'assurer la conversion au
modèle du PPP. Ces mariages d'intérêt ne sont pas restés sans conséquences pour
les usagers : factures en constante augmentation, canalisations non
entretenues... La longue liste de doléances a incité certaines municipalités, à
l'instar de Paris et de Grenoble, à choisir la "recommunalisation" pour
protéger la ressource en amont et offrir aux habitants un service de qualité.
En France, mais aussi en Allemagne, au Kenya ou au Guatemala, par la voix
d'experts tels que Maude Barlow, lauréate du prix Nobel alternatif, d'élus
locaux dont Anne Le Strat, adjointe au maire de Paris chargée de l'eau, et de
représentants d'associations de consommateurs, Water makes money alerte sur les
dangers liés à l'hégémonie de Veolia et Suez, qui se traduit par une présence
grandissante des multinationales dans les médias, les partis politiques, les
ONG et les universités...
Le labyrinthe s'insurge une fois
encore, contre l'attaque d'un de nos droits les plus élémentaires, celui de
partager l'eau entre tous, équitablement et pour que ces lobbys opaques dans
leur fonctionnement, soient mis sous le contrôle des citoyens et surtout de
l'État, sensé les représenter et protéger leurs droits
fondamentaux...