Parmi tous les animaux qui se plaisent en notre compagnie certains fendent
le ciel comme un coup de serpe... Bien sur, les rapaces ne sont pas aussi
familiers que notre gros Léon mais notre présence ne semble pas les déranger
puisque année après année, et sans doute, génération après génération dès la
fin de l'hiver ils reviennent s'installer dans les combes afin d'élever leurs
petits.
les toits et murs creux de Terrouge sont très accueillants : loirs,
chiroptères, frelons et sûrement bien d'autres hôtes dont nous ne percevons
même pas la présence y partagent le gîte et probablement le couvert. Il est
donc facile d'observer certains d'entre eux.
Dès la fin de l'hiver, ce sont les chants puis les jeux nuptiaux qui très vite,
nous préviennent du retour (kriiik kriiik) de nos petits rapaces. Nous
attendons chaque année avec autant de plaisir le retour de ces oiseaux rapides
qui effleurent la façade et passent devant les fenêtres comme de petits éclairs
sombres...
Le matin de mon départ pour Privas, malheureusement un drame dans le ciel a
du se produire car sur le sol de la courette du gîte nous avons trouvé un
juvénile mort depuis peu. Son corps était encore souple et son œil non vitreux.
Espèce protégée, je l'ai donc mesuré et pesé et bien sur, pris en photo afin de
transmettre les infos à CORA Ardèche à défaut d'avoir trouvé le mail de la LPO
pour savoir quelle procédure suivre ; le conserver au frais, le congeler,
ou simplement le poser dans la nature, s'ils n'en avait pas besoin pour des
prélèvements ou autres...

A force de l'observer sous toutes les coutures, je me suis mis à douter de son
identité...

Faucon crécerelle
-sûrement- mais pas à 100% non plus... car en écartant ses ailes j'ai trouvé
qu'elles étaient plutôt arrondies comme celles d'un épervier, pas assez
effilées en somme et surtout, le motif qui forme la barre en bas des caudales
me laisse aussi perplexe...
En fouillant dans ma mémoire et mes souvenirs d'enfance de quand je
participais activement à tous les recensements avec l'association AVIS, en
Belgique, il me semble me souvenir que la taille des têtes des éperviers
étaient aussi plus massives... Quant à la couleur de l’œil qui varie entre les
espèces et même entre les tranches d'âge et qui peut servir de déterminant tout
comme la couleur du bec, je n'arrivais pas à me souvenir non plus qui avait
quoi, donc je suis partie fouiller sur la toile après avoir sorti mon
Delaschaux Neslé, pour essayer d'arriver à mes fins mais en pure perte car au
final je ne sais toujours pas à coup sur, le nom de ce jeune !
Il faut dire que lorsque nous voyons les parents voler autour de la maison,
c'est bien souvent à contre jour et ils sont si rapides que je n'arrive pas à
les garder au centre de mes jumelles... Je n'ai même souvent pas le temps de
prendre les binoculaires qu'ils sont déjà bien loin !

Pour l'avoir manipulé en tout sens, je crois savoir ce qui à causé sa
mort : il a eu la tempe perforée d'un coup de bec en vol, sûrement par une
des buses variables qui cerclent chaque jour au-dessus de nos têtes... car ce
n'est pas notre placide Léon qui dormant sur le même toit, l'aurait tué, pas
vrai ?

Il avait aussi un petit défaut de naissance à une tarse (métatarse
?) de sa patte gauche (à droite sur la photo)...bizarre... une
sorte d'excroissance du cartilage car ce n'était pas une fracture et cela se
voit bien sur la photo que j'ai prise...

En définitive, quand je suis revenue de Privas, Albert l'avait jeté dans les
broussailles et je n'ai donc pu récupéré le moindre plumetis... zut
alors ! J'aurais du en prélever avant !
Ainsi, pour clore l'histoire de cette brève vie, si jamais vous arrivez
à confirmer ou infirmer l'identification de ce juvénile, cela serait
super : le labyrinthe aime bien en apprendre un peu plus chaque jour sur
le monde d'en haut !
Voilà que Scops est passé nous sortir de ces ténèbres... sa
réponse est tout en bas !
Merci Scops !