Premier jour, peinarde, alors fêtons cela dignement ! 8-)

Je me suis replongée avec délices, dans les explications de M.C. Escher de sa vision de l'infini, matérialisée notamment par sa technique de remplissage périodique de surfaces planes, technique qu'il avait commencé à découvrir dès 1939 et dont il a cherché ensuite à comprendre les règles jusqu'à pouvoir créer ses propres grilles, si sophistiquées et qui me font tellement craquer LOL
ESCHER_Serpents_1969.JPG
La dernière œuvre d' Escher : Serpents, xylogravure, 1969

Certes, des mathématiciens célèbres, tels que Poincaré et Coxeter avant lui, s'étaient déjà employés à démontrer ou modéliser la géométrie hyperbolique au moyen de formes géométriques contigües, remplissant des formes fermées...
COXETER_geometrie_hyperbolique.JPG
...Mais à la différence de ceux-ci qui n'utilisaient que des formules ou des objets géométriques, Escher a quant à lui, essayé d'exprimer cette notion d'infini en rendant "vivant" un nombre infini d'objets, se servant de formes et symboles issus de la matière vivante ou inerte qui nous entoure et que nous autres spectateurs, identifions d'un seul regard....
ESCHER_Developpement_II_1939.JPG
Développement II, xylogravure, 1939

Mais comment ce diable d'homme a t-il fait ? Par étapes de raisonnement successifs, semble t-il...
En composant et combinant des figures imbriquées, de plus en plus petites, partant des bords d'un cercle (ou d'un carré et même de spirales) vers le milieu (ou inversement), là où la limite de l'infiniment petit et de l'infiniment nombreux est atteinte en un seul petit point, n'aura été cependant, que la première étape franchie...
ESCHER_Limite_carree_1964.JPG
Escher : Limite carrée, xylogravure, 1964

La suivante le fut à son tour, 2 décennies plus tard, lorsque il rajoute à ce principe celui de la métamorphose qu'il maitrise d'ailleurs parfaitement depuis longtemps...
En effet, passer de l'état de forme abstraite dans les formes les plus petites insérées dans les rayons qui subdivisent chacune des spires ou cercles, permet alors de faire naitre papillons, feuilles, lézards ou autres bestioles très détaillées dans les cercles les plus larges... puis de les rétrécir à nouveau pour suggérer le cycle de la vie en son entier.
ESCHER_Le_centre_1956.JPG

Escher : Le centre, xylogravure, 1959

Mes explications 100% maladroites doivent vous sembler tirées par les cheveux (celles de Bruno Ernst, l'auteur de mon beau bouquin édité chez Tasche sont tellement plus compréhensibles) et vous devez en plus, vous demander pourquoi diable alors que je n'arrête pas de pester sur le peu de temps que j'ai à disposition pour créer, pourquoi des méandres pareilles, m'attirent autant, pas vrai ?

Mais si -comme moi- vous aimez les labyrinthes, les kaléidoscopes, les fractales... ou tout simplement les images inversées ou transversales, son monde ne peut que vous fasciner ! Et à moins que je ne me trompe, il semblerait même intimement reliable à celui des polyméristes qui dans le leur -bien plus modestement- contractent, étirent la pâte et les motifs qui y sont cachés... pour en tirer aussi des structures nouvelles, grâce aux assemblages...
ESCHER_Limite_circulaire_3.JPG
Escher : Limite circulaire III, xylogravure, 1959

Le monde de M.C. Escher nous entrouverait-il ses portes ?