Ce soir je ne rigole pas !
2 coups de gueule pour le prix d'un, qui dit mieux ?
Certains et certaines d'entre-vous, connaissent la situation pour l'avoir
partagée d'une manière ou d'une autre "in situ" lors d'un séjour au gite ou à
la maison... Je parle de la position très inconfortable d'être coincés entre le
tronc et l'écorce ou plus exactement, entre les sangliers et les
chasseurs...qui sont les uns comme les autres, les pestes de nos bois !
Généralement, quand j'ai les boules, je sors du papier aquarelle, un
pinceau, quelques couleurs et j'exprime mon ras le bol d'une manière assez
personnelle. Cela me permet généralement de glisser une once d'humour dans ces
croquis rapides, histoire de me "dépolluer" l'esprit, d'apaiser mon coeur et de
relativiser, peut-être aussi ...
Un truc comme le logo que j'utilisais en en-têtes de mes dossiers à
l'attention de toutes les entités départementales, quand il s'agissait de
transmettre, via le collectif ou non, des informations sur la pression que
sangliers et chasseurs nous mettent sur le dos depuis 2 décennies...
(Déjà ? le temps passe vite !)
Ou un truc comme cet avatar qui me servait lorsque sur le forum national des
chasseurs, (grand gibier.net), j'allais chercher des interlocuteurs...(si
si, je l'ai fait et longtemps, en plus)

Donc, certains parmi vous savent que j'ai été agressée à plusieurs reprises. La
dernière en 2003, (sur nos terres), en allant aux jardins du bas, par un de ces
connards, armé et bourré comme une huitre... Vous savez aussi que omerta
oblige, il m'a fallu user de patience et de mille ruses pour connaitre -6 ans
plus tard- le surnom de ce trouducu... Malheureusement, je n'ai jamais pu aller
le confronter (ni lui demander excuses et explications dans l'ordre que
vous voudrez
) car il est mort entre-temps, d'une cirrhose ! Ce
sera d'ailleurs la seule bonne nouvelle de ce billet, il n'y en aura pas
d'autres... Désolée 
Je ne suis plus jamais retournée à ces jardins, trop éloignés de la maison.
Pas plus pour les semis que pour les récoltes ! Ni avec lom et encore
moins seule ! Jamais !
Il faut dire que dans ce pays de pentes et de broussailles la visibilité est
réduite à sa plus simple expression... Le temps des fusils à grand-papa et de
la grenaille fait partie d'un passé depuis longtemps révolu. la chasse comme
partout ailleurs, se résume à des 4x4 rangés sur les bords des routes, dans les
virages le plus souvent... et à des armes de guerre...
Ce matin, pas un bruit dans la vallée, je ne me suis donc pas
méfiée...
Belle erreur !
Je descendais la route en lacets, fenêtres ouvertes pour profiter des rayons du
soleil, quand tout-à-coup, alors que je n'avais pas vu la moindre bagnole de
chasseur ni entendu le moindre chien (vu que la voiture de Christiane une
de mes voisines, qui était à ses châtaignes en pleins bois et qui a flippé sa
race aussi) 4 coups de fusils m 'éclatent littéralement aux oreilles,
tellement près de ma tête que j'ai entendu chaque clic de percuteur, la
compression comme d'un gaz dans la culasse et les coups partir coup sur coup...
Juste à ma gauche à ma droite, il est où bordel ? j'ai cru qu'il me tirait
dessus et j'étais encore à 20 m de la seconde épingle... Panique !
Reculer ? Impossible !
Avancer ? mais si j'avance et que je passe dessous, il va me buter ou
alors un sanglier en sang va s'aplatir sur le capot (vu la pente à cet
endroit, du dessus de la route au dessous il n'y a que quelques 10 mètres de
terrain boisé et une pente à 180° !) qui où que j'aille, me séparent du
coup de fusil suivant 
En moins d'une seconde, adrénaline et cortisol ayant inondé mon cerveau
reptilien, me voilà accélérant (mais pas trop
) et filant, sans demander
mon reste.... en roulant complètement à gauche (le mieux, pour éviter les
balles dans la descente mais franchement mauvais, si c'est le sangliers qui
dégringole... et tant pis, si y a une caisse qui monte)
C'est exactement comme cela que les pensées se sont télescopées dans ma
tête ! Le bonheur, quoi 
Arrivée à Joyeuse, complétement dévariée, j'ai oublié de passer à l'ADMR,
fait quelques courses mais en zappant l'essentiel puis, guettant l'heure (midi)
repris le chemin inverse espérant qu'ils soient partis bouffer et écluser leurs
godets en enfer !
Et vous croyez que l'histoire s'arrête là ?
Seconde erreur !
Quand vous croisez l'ombre d'un abruti à l'aller... vous pouvez être
surs que vous allez vous en farcir -bien plus- au retour et en pleine
lumière : c'est la fatalité !
Mais pour vous raconter la suite, (de toutes façons, c'est clair que ce
n'est pas ce soir que je vais pouvoir fermer l'œil), alors, autant
s'organiser : café clop... cho 7 confortables et coussin sous le popotin
sont les indispensables réconforts qu'il me faut maintenant rassembler !
Un peu plus tard... Je continue...
Je recommence la grimpette des épingles et voila que 2 bagnoles dont le 4x4
(d'un ex président de l'ACCA locale) me suit de près... Dès le premier virage
que je négocie normalement, en 3ème puis en reprise, il commence à brailler par
la fenêtre pour que je les laisse passer ! Pour quelle raison ? Je
n'ai même pas envie de le savoir, ce mec est désagréable en toutes
occasions...
Pas de passe droit donc, de ma part... il ne va pas accoucher dans la seconde
d'après, et si je commence comme cela, J'en ai pas fini de faire profil bas
devant ces treillis (Ce n'est que le début de cette nouvelle putain de
saison de chasse et on y aura droit jusqu'au printemps suivant)
Je monte à un rythme normal, plutôt vite mais pas trop, puisqu'on ne voit
rien dans les virages.
De l'épingle suivante, arrive en face de moi, Christiane de la maison de la
rivière... La marche arrière n'est pas commode à cet endroit, alors tranquilou,
on se serre, elle passe, on se dit "bonjour"...elle aussi a les boules... mais
les autres sont derrière et s'impatientent ! Cette veinarde va dans le bon
sens, moi non : vous allez voir !
J'attaque l'épingle suivante, toujours les autres sur les talons et j'arrive
au "parking" des jardins du bas (sic!) qui comme à l'aller, est squatté par 3
véhicules de chasseurs... Là, c'est sur que je ne risque pas de
m'arrêter : mon vieux trauma refait surface à vitesse grand "V" ! No
comment !
J'attaque ensuite, le virage suivant (celui des coups de feu du matin) et
fonce... jusqu'au virage d'après, où il y a cette fois, 1 ou 2 bagnoles (je
ne sais même plus, là, j'overdose c'est clair !).. et comme mes "suiveurs"
n'ont pas l'air de me rattraper : je m'arrête pour discuter avec ces
chasseurs-là !
Zut !
Celui qui s'avance est une grande gueule que je connais déjà ! Longues
moustaches effilées, poivre et sel. Les 2 autres ne me disent rien :
surement des invités qu'on a mis au plus mauvais poste ! 
Je vois immédiatement que ma venue le fait chier... Pas grave, au point ou
j'en suis, de toutes façons, hein ? !
A partir de là je vais résumer style, dialogue...
(on ne va pas dire "conversation", parce que... C'est un concept
inimaginable avec un chasseur bourré de testostérone, et ivre de
mort)
- Moi : "Bonjour..."
- L'autre :"........"
- Moi : "Je m'arrête juste pour vous signaler que vous chassez sur nos
terres... Pas de méprise, cela ne nous dérange pas MAIS pourriez-vous nous
prévenir de votre présence ? Un petit coup de tel ne coûte pas bien cher
de nos jours et nous châtaignons dans nos bois, on se sent menacés !
Prévenus, on pourrait s'organiser en conséquence....Ou peut-être, pourriez vous
venir vous présenter (surtout les nouveaux chasseurs) en début de saison
?
- L'autre (qui l'ouvre enfin) :" Qui t'es toi, d'abord ?"
(NB : il sait qui je suis, je ne suis pas dupe et lui, me provoque du
regard)
Puis, se rapprochant de la vitre et s'appuyant sur la bagnole et je vous le
jure, me montrant les dents !
- L'autre :" Tu crois qu'on a que cela à foutre, téléphoner ? Tu peux
toujours courir ! D'abord, c'est pas obligatoire... hahaha !
- Moi : " Ce qui est obligatoire, c'est de foutre tes putains de
panneaux de battue, pov' tarte ! Le pauvre abruti qui était là ce matin, a
bien failli me plomber !
- L'autre, de plus en plus écarlate et menaçant :" i sont làààààààààà les
panneaux, regaaaarde ( sur l'arrière de la bagnole)...
(bagnole qui n'y était pas ce matin ! En plus comme ils laissent
toujours les haillons de leurs caisses ouverts, on risque pas de le voir le
panneau ...je ne l'ai toujours pas vu en fait !
- Moi (hystérique) : " Elle y était pas ce matiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin,
s'pèce de menteur de merde !
Pendant ce temps les 2 chasseurs "pas d'ici", se sont éloignés et regardent
ailleurs
Un bref instant, je vois le regard de "l'autre" se tourner vers la route et
d'un coup d'œil furtif à mon tour je vois les autres qui déboulent : je ne
regardais plus dans mon rétro et je ne les ai pas davantage entendus arriver
par derrière ! ooooups !On se calme
- Moi, la main sur le contact : "Ce qui est sur, c'est que vous n'avez
aucun savoir-vivre !"
et VROUUUUUUUMMMM
Moralité : se taper un connard kaki, c'est déjà pas la
joie, mais 7 de plus : bonsoir le caca !