...de canes !
Je devine vos regards, outrés, horrifiées !
Pas de panique : vous me connaissez depuis un bon moment, je n'ai pas viré
de bord ! Ce n'est pas à ces pauvres volatiles que j'ai voulu m'attaquer,
mais bien à un problème récurent de l'emballage des canes et paquets... de
polymère non cuite, évidemment !
Pétard l les volatiles ont eu chauds !
Il m'a même semblé apercevoir quelques croupions trembler avant de plonger dans
la mare...
Marrez-vous, mécréant(e)s !
Il n'empêche... j'en ai fait une bien bonne ! Mais pour comprendre tant
soit peu, il faut quelques explications et remonter le fil du temps, de
quelques semaines au moins...
Les polymères, avant cuisson, n'aiment le contact qu'avec peu de matières à
l'exception du verre, de la faïence et en général de toutes les matières lisses
et non poreuses... Or, déjà dès l'ouverture d'un paquet de fimo ou autre,
l'emballage, très résistant se rompt généralement d'un coup sec et est ensuite,
non réutilisable.
C'est déjà pas le top, mais cela empire dès que l'on a préparé des canes
qu'il faut évidemment, d'une part, pouvoir manipuler (sans laisser nos
empreintes dessus) et d'autre part, les ranger sans qu'elles ne prennent
une place monumentale, style tout un buffet si l'on est très prolifique,
(dans la création de canes... je le précise, au cas où cette longue
diatribe vous aurait fait perdre le fil !) 
Bref, l'aluminium, le papier de cuisson ne conviennent pas : trop
adhérent pour le premier, trop absorbant pour le second. Et pour les 2, ne pas
voir au travers n'est pas pratique du tout ! Quant au film étirable, bien
qu'on puisse s'en servir en dépannage à très court terme, il se dégrade et rend
les canes poisseuses puis sèches, très rapidement... Retour à la case
départ...
Au final, le seul papier qui convienne, qui n'induise aucune réaction
chimique désastreuse et soit parfaitement transparent est le papier d'emballage
en cellophane qu'utilisent les fleuristes... Ce sont ces papiers que je
récupère ici et là, dès que j'en vois un condamné à aller à la poubelle...
Recyclage, encore et toujours 
Sauf que le dernier que j'ai récupéré avait une splendide impression rouge
et dorée sur une face... j'ai d'abord utilisé les espaces "sans" et pour finir,
n'en ayant pas d'autres sous la main, j'ai commencé à utiliser les parties
contenant ces motifs... Comme une gourde, je n'ai pas tout le temps utilisé
l'envers et évidemment.. le désastre est arrivé !

Je me ficherais des claques car bien entendu, sur des canes entourées de
blanc translucide, les pigments indésirables ont été absorbés assez
profondément et ont même, délayé les autres ! J'ai découvert impuissante,
un vrai et irréversible massacre d'un grand nombre de canes, après une semaine
seulement de contact !
Francine qui était là au moment où je m'en suis rendue compte, surprise que
je n'en trouve pas ici, m'explique alors que l'on trouve facilement ce type de
papier, en rouleau...En Belgique !
Ben ... c'est super ! Mais ici
je n'en ai jamais trouvé, sinon je n'aurais pas fait l'impasse sur ce problème,
pas vrai ?

Alors, sans autre alternative, j'ai dénudé toutes mes canes et les ai
collées en attendant mieux, sur un miroir qui rentrait dans une grande boite en
ferraille un peu rouillée mais possédant un couvercle pour protéger les
éclopées de la poussière !

Quelques jours ont passé... Ensuite, les prunes et autres fruits sont
arrivés en grande quantité et le temps des grandes gamelles de confiture est
revenu. C'est d'ailleurs lom qui les a quasi toutes faites cette année et tout
seul ! (il faut rendre à César...) ! C'est en regardant tous
ces pots pleins que j'ai entrevu LA solution dans une sorte de flashback !
Enfin !
Je me suis souvenue que quand j'étais gamine, pour conserver les confitures.
on n'utilisait pas les pots de cornichons, de moutarde, etc... On utilisait
bien sur, les pots des années précédentes mais il n'y avait pas de couvercle à
visser. On faisait fondre la paraffine, on remplissait les pots que l'on
sertissait d'une feuille de cellophane carrée et translucide qu'on maintenait à
l'aide d'un élastique. On humectait ensuite le papier à l'aide d'une petite
éponge. Une fois sec, le papier se tendait d'abord comme un tambour puis
s'incurvait dès que la confiture était refroidie ! Les aventures de ce
papier si fin et transparent me fascinaient bien plus que tout ce qui pouvait
se trouver à l'intérieur du pot !
Bon sang de bois, mdrrrrrrr ! Peut-être ne peut-on pas trouver des
rouleaux de ce papier ici, mais on nous serine à longueur de temps que
l'Ardèche est un pays de traditions... Cela doit être valable aussi, pour ces
anciens trucs de cuisine, non ?
Ni une ni 2, me voilà filant à ma belle et Joyeuse cité médiévale ... où ces
feuilles m'attendaient, en grande surface, par paquets de 50 !
Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer mes trouvailles ! 

Finalement, tout est bien qui finit bien, comme souvent... Car après avoir
nettoyé les bobos des canes, je les ai emmitouflées dans leur nouvel écran
protecteur...

Elles ont eu chaud aux plumes, mes canes... Pas vrai
?